Le sultan Misapouf et la princesse Grisemine ~ C-H. de Fusée de Voisenon

Le sultan Misapouf et la princesse Grisemine

1200px-Rousseau_-_La_Belle_Libraire_frontispice

Quand les fins de mois sont difficiles, ou bien que j’ai envie de lire de tout petits romans parce que je n’ai pas beaucoup de temps, je me tourne souvent vers la collection Folio 2€. Généralement, je les choisis à la couverture, à l’auteur ou bien au titre, un peu “au pif” du coup. C’est de cette façon que j’ai trouvé ce livre.

Il a été écrit au 18ème siècle et d’un conte, il s’agit en plus d’un roman érotique de l’époque, ce à quoi je ne m’attendais pas, (Cela m’apprendra à ne pas lire les petites lignes des quatrième de couverture !).

 

« Le sultan Misapouf et sa femme ont vécu bien des aventures cocasses avant de se rencontrer… et bien des métamorphoses!
Les terribles envoûtements de la fée Ténébreuse, les transformations de Misapouf et Grisemine en lapin, renard, poisson ou baignoire, une rencontre étonnante avec la princesse Ne-vous-y-fiez-pas en quête du petit doigt qui ira à son anneau, un voyage au palais des Éternuements…et tant d’autres péripéties déconcertantes parsèment ces récits désopilants.
Un conte loufoque réjouissant, où les enchantements fantaisistes se mêlent aux références grivoises. »

La préface nous apprends qu’il s’agit d’un récit emboîté. L’histoire du sultan et de la princesse est écrite pour une femme qui en a fait la demande à l’auteur. Il lui écrit donc un conte dans lequel un sultan et une princesse font part de leur péripéties à tour de rôle jusqu’à leur rencontre mutuelle.

J’ai vraiment adoré le vocabulaire, d’une manière générale j’apprécie énormément les belles phrases d’époque, le style d’écriture des siècles passés. Cela peut être parfois compliqué à comprendre pour des lecteurs non avertis.

J’ai apprécié les touches d’humour, les discussions entre les deux protagonistes entre chaque “étape” de leur mésaventures. Le fait que tout soit construit sur les métamorphoses des personnages principaux qui semblent être le fait d’enchantements alors qu’il s’agit de métaphores. Ces métaphores sont d’ailleurs, pour la plupart, assez transparentes question compréhension. Et de ce fait, j’ai trouvé qu’il y avait un énorme contraste entre la qualité du récit en termes de vocabulaires et de construction et le côté très “cru” de l’histoire finalement. Si on ne cherche pas le sens réel du conte, il semble drôle et même un peu poétique. Mais si on y fait attention (et le contraire est difficile), certains passages sont presque gênant. Adieu romantisme et coquetteries, bonjour maisons closes et frivolité.

Néanmoins, je dois dire qu’il m’a beaucoup plus. Ne serait-ce par la façon de masquer le libertinage de l’époque sans pour autant être hypocrite puisqu’il est dit bien clairement dès les premiers mots de l’auteur qu’il s’agit d’un roman libertin. Il le considère même presque comme scandaleux.

Ils en parlent : Je n’ai pas trouvé d’autre article

Un petit extrait pour vous expliciter mes propos :

– “Je suis la reine Zémangire. Mon mari est roi de ces vastes forêts, et c’est pour cela qu’il se nomme le roi sauvage. Son bonheur aurait été parfait s’il n’eût pas été traversé par la fée Ténébreuse. » […]

– “Pour le dernier, on le voit bien, dit la reine en souriant. Je vais vous informer du malheur de mes deux filles et de ce qui l’a causé. La fée Ténébreuse devint amoureuse de mon époux. […] Le roi, qui me chérit de toute son âme, reçut très mal sa déclaration et les avances qu’elle lui fit. […] “puisque tu es assez sot, dit la fée, pour refuser mes faveurs, je me vengerai. […] La prédilection de la fée fut accomplie : je mis au jour deux filles ; l’une devint grande, belle et bien faite, l’autre resta d’une petitesse excessive. La fée qui leur a fait présent des deux anneaux en question n’avait eu aucun égard à la différence de leurs tailles ; elle avait, au contraire, pris plaisir à contrarier la nature ; elle usurpa encore le droit de les nommer ; et conséquemment à la bizarrerie de ses dons, elle appela ma grande fille Trop-est-trop, et l’autre, la princesse Ne-vous-y-fiez-pas. Depuis que mes filles sont en âge d’être mariées, elles ont autant d’envie que si elles avaient un anneau fait comme les autres. […] J’ai consulté l’oracle, il m’a répondu qu’il n’y avait qu’un certain nez qui fut capable de découvrir ces princes, que ce nez-là en pâtirait et qu’il n’y aurait qu’un géant qui pourrait délivrer ce nez, et que le grande princesse était destinée au prince porteur du plus petit doigt du monde. »


« Le sultan Misapouf et la princesse Grisemine » – Claude-Henri de Fusée de Voisenon
106 pages

Propriété exclusive (OMPI)

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s